[c=#2dba69]Le Chant du Corail - Partie 2
Le Veilleur des Dunes[/c]

[c=#e3aaeb][i]Pas de lumière. Pas de son éclatant.
Seulement un silence un peu moins lourd, et ce second carnet, qui semblait t'attendre exactement là.[/i][/c]

Le premier souffle a fonctionné. Ce n'était pas un miracle, juste un signe : quelque chose, sous l'eau, a répondu.

J'ai fini par comprendre ce que disait le Veilleur, dans les fragments de récit qu'on m'avait transmis : la flûte n'est pas un instrument, c'est une mémoire façonnée. Elle ne crée rien. Elle libère ce qui était déjà là, enfoui dans le corail, en attente.

Mais réveiller un fragment ne suffit pas. Le Veilleur le répétait à qui voulait l'entendre :
"Le corail isolé meurt plus vite que le mort."
"Rien ne repousse sur de la pierre sèche."

Un corail guéri qu'on abandonne sur le sable retombe dans le silence en quelques jours. Il a besoin d'un endroit pour tenir : près d'autres coraux, dans une eau qui le porte encore un peu.

C'est ce que j'ai fait. J'ai pris le corail que j'avais réveillé, et je l'ai replanté contre un massif encore vivant — même chétif, même presque éteint.
Pas pour le voir reprendre tout de suite. Pour voir si le chant, cette fois, allait se prolonger plutôt que s'éteindre seul.

Tu as fait trembler une première note. Si tu veux qu'elle dure : trouve un corail mort, réveille-le avec le souffle, puis replante-le près d'un corail existant.
Le Souffle n'a pas encore repris son cours. Mais il commence à se souvenir de toi.
